Théorie et pratique stoïcienne (2) : Les humains sont tous concitoyens : l’action utile au bien commun

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  • Pour les Stoïciens, comme nous l’avons vu, l’univers est un ordre rationnel. Et l’Homme est donc doué de raison et citoyen du cosmos, de la nature (la nature n’est pas chez eux, à opposer à la culture, la culture n’en est qu’une « continuation » selon le fondateur du Stoïcisme, le phénicien Zénon). Ce qui nous rend semblables, qui nous relie, c’est que nous sommes doués de raison, peu importe notre sexe, notre ethnie, notre nationalité, notre religion. Nous sommes des êtres rationnels et sociables : nous sommes faits pour vivre en relation avec nos semblables, nés pour vivre en société. Le Stoïcisme est une philosophie de la sociabilité : elle nous invite à agir pour le bien commun, puisque « ce qui n’est pas utile à l’essaim n’est pas utile à l’abeille non plus » (Marc Aurèle, Pensées, 53)
  • Ainsi, nous sommes membres de la même cité : la nature. Et nous sommes donc soumis aux mêmes lois : les lois naturelles et les lois de la raison. Le Stoïcisme a certainement joué un rôle dans l’universalisme de l’empire romain et dans l’esprit de certaines de ses lois. Les Stoïciens croient que tous les êtres humains sont semblables, frères même, de par leur rationalité. Et que nous sommes avant tout des citoyens du monde. Ainsi, pour eux, le Sage peut vivre dans n’importe quelle société humaine puisque toute société humaine est une imitation de la cité rationnelle qu’est l’univers : elle met en place des lois pour que ses concitoyens puissent vivre dans la paix et l’harmonie et elle vise, d’une manière qui lui est propre, le bonheur de ses membres.
  • Les Stoïciens sont cosmopolites : ils se considèrent comme des « citoyens du monde » : leur morale est universelle est est au-delà des frontières : on peut d’ailleurs remarquer que la sagesse stoïcienne ressemble étonnamment aux sagesses qui se sont formées aux quatre coins du monde, des anciennes religions africaines au bouddhisme en Inde et au taoïsme en Chine.
  • Pour les Stoïciens, nous devons tellement être solidaires que nous devons nous considérer comme les membres d’un même corps qu’est la « cité de Zeus » : la nature. Ainsi « nous sommes nés pour coopérer, comme les deux pieds, les deux mains, les deux paupières, les deux rangées de dents, celle d’en haut et celle d’en bas . Se comporter en adversaires les uns des autres est donc contre nature, et c’est
    agir en adversaire que de témoigner de l’animosité et de l’aversion. » (Marc Aurèle, Pensées, Livre 2, I)
  • Le Stoïcisme est donc tout sauf un individualisme dans le sens péjoratif du terme : nous sommes tous concitoyens, animaux sociables nés pour coopérer, pour vivre en communauté en harmonie les uns avec les autres. Cette philosophie diffère d’ailleurs du bouddhisme par le fait qu’elle invite à la vie de famille, aux liens amoureux (à l’époque antique, dans le cadre du mariage « autant qu’on le peut » Manuel d’Epictète) et que l’attachement n’y est pas considéré comme négatif, au contraire. Elle invite aussi à avoir une activité politique (pas forcément en rejoignant un parti politique mais plutôt en ayant un rôle actif dans sa cité, sa communauté, en défendant nos idées, en agissant pour plus de bien commun : « Lorsque tu as peine à t’arracher au sommeil, rappelle-toi qu’il est conforme à ta constitution et à la nature humaine d’accomplir des actions utiles au bien commun, … » Marc Aurèle, Pensées, Livre VIII, 12).
  • Sénèque nous invite à avoir l’attitude inverse de l’épicurien : il se fait des amis pour être aidé en cas de malheur, de souci, de troubles, le Stoïcien viendra, quant à lui, en aide à son ami et là sera son bonheur puisqu’il pourra s’enrichir du plus grand bien : le bien moral, en développant les 4 vertus cardinales : justice, courage, sagesse, tempérance. Ainsi le Stoïcien ne considère pas l’ami comme utile pour être soulagé, mais l’amitié lui permet de faire des actions vertueuses. « Comment t’es-tu jusqu’à ce jour comporté avec les Dieux, avec tes parents, tes frères, ta femme,
    tes enfants, tes maîtres, tes gouverneurs, tes amis, tes familiers, tes serviteurs? T’es-tu envers tous conduit jusqu’à ce jour selon ce principe : « Ne faire de mal à
    personne et n’en point dire. » (Marc Aurèle, Pensées, Livre V, 31)

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