Pratique stoïcienne (1) Dans les circonstances difficiles

Sénèqueee

  • « C’est pendant l’orage qu’on connaît le pilote. » Cette citation, issue du traité « De la Providence » de Sénèque, résume l’esprit de la pensée stoïcienne : rester imperturbable même dans des circonstances éprouvantes. C’est pourquoi il dit que Dieu ne nous punit pas, lorsque nous sommes dans des circonstances difficiles : Il nous éprouve pour que nous grandissons. Peu importe que nous soyons croyants ou non, ce qui est à souligner ici, c’est que nous pouvons adopter un regard différent vis-à-vis des difficultés que nous rencontrons dans notre existence. Elles sont, non pas des choses auxquelles nous devons nous dire « Mais qu’ai-je donc fait pour mériter ça ? » mais plutôt des épreuves pour nous faire grandir. Nous pouvons en effet nous élever au-dessus d’elles en les considérant comme ce qu’elles sont : des moyens pour nous fortifier. Et quel plus grand bien existe-t-il pour l’âme, que d’être plus forte, plus impassible, plus vaillante ? Ces situations, que nous voyions comme des maux, comme des choses déplorables, nous pouvons vis-à-vis d’elles porter un autre regard : Sénèque mentionne à plusieurs reprises dans ses traités des métaphores militaires. Ainsi, c’est justement lors des circonstances difficiles dans la vie, que l’occasion est venue de prouver notre véritable valeur. C’est à ce moment là que l’on doit faire face, avec sérénité et courage.
  • Marc Aurèle en fait de même : « LXI. – L’art de vivre est plus semblable à celui de la lutte qu’à celui de la danse, en ce qu’il faut se tenir prêt et sans broncher, à parer aux coups directs et non prévus . » (Livre VII des Pensées) Ainsi, les arts martiaux de l’Antiquité romaine (la lutte notamment), que pratiquait Marc Aurèle, ont inspiré sa pensée : la vie peut être vue comme un combat : il faut prévoir d’avance les coups du hasard, endurer les difficultés présentes, se relever après être tombé, ne jamais reculer ni abandonner, toujours tenir sa garde.
  • Et encore : « XLIX. Ressembler au promontoire contre lequel incessamment se brisent les flots . Lui, reste debout et, autour de lui, viennent s’assoupir les gonflements de l’onde. » (Livre IV, Pensées) C’est à dire qu’il est possible d’adopter une attitude de maîtrise de soi et d’impassibilité vis-à-vis des situations pénibles, rester égal à soi-même lorsque le monde autour de nous court à sa ruine, comme, on pourrait le penser du monde actuel par exemple, et bien sûr selon notre situation. Marc Aurèle a fait face, durant son règne, à la trahison de l’un de ses généraux, aux tremblements de terre, à la peste, aux invasions barbares.
  • N’est-ce pas les assauts du vent, des tempêtes, des pluies, des orages, qui rendent l’arbre ferme et vigoureux ? N’est-ce pas les difficultés, les événements pénibles qui vous ont rendu plus fort aujourd’hui ? Ainsi, les événements ne sont que des occasions de nous rendre plus forts, à nous d’en tirer bénéfice. Un soldat, au début, va tomber, perdre, mais ce qui fait de lui un bon soldat, c’est sa manière de se relever à chaque fois : ainsi il sera plus aguerri pour les prochaines épreuves et sera de plus en plus fort, en fonction du regard qu’il porte sur les événements et de sa manière de les surmonter. Sénèque dira aussi que c’est dans les moments calmes qu’il faut se prémunir contre les prochaines tempêtes et que « Rien n’arrive au Sage contre son attente. » Il s’agira donc d’anticiper toutes les éventualités d’événements pénibles pour mieux leur faire face, en les considérant comme ceux qu’ils sont : des occasions de développer sa « virtus » (sa force d’âme).

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