Quelles sont les choses qui importent le plus pour nous ?

Image schématisant ici l’idée d’importance du bien-être collectif primant sur l’intérêt particulier, explicité dans cet article

-Cette question a été traitée par tous les philosophes, penseurs et sages de l’humanité.

-Certains on un regard pessimiste (se voulant « plus réaliste ») sur l’humanité : ainsi les humains rechercheraient le gain économique, le pouvoir politique, les plaisirs égoïstes, il n’y aurait que des rapports de lutte pour la domination des individus les uns sur les autres.

-Dans « De la brièveté de la vie » de Sénèque, l’auteur nous peint un tableau tout à fait similaire mais pour éduquer notre âme à prendre conscience du caractère vain de ces recherches qui occupent beaucoup de temps de notre existence, temps gaspillé dans l’inconscience et l’insouciance, causé par un manque de conscience et de clairvoyance, car les sages stoïciens, se rapprochant en cela des sages orientaux, sont très optimistes sur la nature humaine : le mal tire sa cause dans l’ignorance.

-Ceux qui agissent mal agissent contre leur grè, c’est le point de vue de Socrate, mais aussi, en Orient, celui de Bouddha. En fait, tout être humain désire le bonheur, le problème, c’est que l’on se trompe sur les moyens d’y accéder. Un tel le recherche dans les plaisirs éphémères : or, par définition, il recherche quelque chose qui n’est pas éphémère, dans quelque chose d’éphémère : peut-être est-ce là l’erreur de raisonnement qui conduit cet individu au malheur. Un tel le recherche dans la croissance infinie de son économie : c’est le désir insatiable, il part peut-être du principe que là est le bonheur, le souverain bien. Cette ignorance est source de tous les maux, individuels et collectifs, et elle porte sur les moyens d’accéder à l’objet de notre désir conscient : la paix intérieure. (le terme « bonheur » est tellement connoté et dénaturé de son sens originel, à tel point qu’il en est devenu son opposé, j’y préfère le terme « paix intérieure »).

-Quelles choses devraient donc importer le plus pour soi-même, et pour le monde ? S’agit-il de la même chose ? La paix intérieure individuelle est-elle à opposer, ou ne serait-ce qu’à séparer de la paix intérieure collective, du bien commun ?

-« Ce qui n’est pas utile à la ruche n’est pas utile à l’abeille non plus » (Pensées, Marc Aurèle) Marc Aurèle, dans ses écrits pour lui-même, en philosophe stoïcien + qu’en tant qu’empereur, considère que son bonheur individuel passe par le bonheur collectif, mieux : il exerce son âme à les considérer comme synonymes, sa propre paix intérieure, et celle collective, utilisant la métaphore de « sa propre santé » : s’exercer à considérer le bien-être collectif comme il considère sa propre santé : on retrouve là un élément éthique et spirituel très proche de l’éthique des « boddhisatva », certains pratiquants de la tradition philosophique et spirituelle bouddhiste. [Marc Aurèle parle de dompter sa « nature animale » : l’instinct de survie qui considère sa propre santé comme un intérêt supérieur à tout autre-afin de la rendre, cette nature, éclairée : rendre son esprit de façon telle qu’il conçoive également sa propre survie-et le bien-être global.] Afin passer de l’égoïsme, naturel et animal à une dimension supérieure (à laquelle il s’exerce, par une philosophie pratique, de rester) : celle de l’altruisme désintéressé. On retrouve là aussi l’élément du courant philosophique de l' »utilitarisme » : l’idée de faire valoir le bien-être collectif en priorité par rapport au bien-être individuel : sans rentrer dans les problématiques philosophiques, éthiques, et politiques que cela peut impliquer; individuellement, car là est l’unique changement possible, c’est ce qu’enseignent toutes les traditions spirituelles de la planète, le changement politique ne peut qu’être intérieur, quelles sont les choses qui importent le plus pour nous ? Ce qui importe le plus pour nous est-il lié à notre nature animal d’auto-conservation, égoïste, voir à un instinct tribal-communautaire, propre à une ethnie, un groupe social, une religion ou une nation, ou est-ce lié à quelque chose de plus élevé, universel, qui rendrait le monde meilleur dans sa globalité, permettant + de bien-être collectif ?

Cette sentence piochée chez un philosophe bouddhiste tibétain est très éclairante :

L’origine de toute joie en ce monde est la quête du bonheur d’autrui. L’origine de toute souffrance en ce monde est la quête de mon propre bonheur.

Shantideva

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