Réflexion sur la Justice : Plutôt que de rendre le mal par le mal, lui montrer là où est son erreur afin qu’il devienne un meilleur citoyen

Buste de Lycurgue, législateur de Sparte

-Les personnes ne s’accordent pas sur ce qui est juste, mais ne peuvent-elles pas s’accorder sur ce qu’est la Justice ?

-En effet, pour beaucoup, le monde est injuste par exemple, ou la société est injuste, ou les gens sont injustes, mais eux, bien souvent, se trouvent eux-mêmes justes, non ?

-Par conséquent, la justice n’est-elle pas une histoire de désir ? En effet un tel trouve le monde injuste : il désire que ce monde soit selon ses désirs : le monde est mal « ajusté » à lui. Il manque de justesse, de précision par rapport à ce que lui peut apporter comme justice dans ce monde, ainsi le rôle de cette personne peut être lié à ses désirs de rendre le monde plus juste selon ce qu’il perçoit afin de l’adapter à sa vision.

-Cependant, cela ne peut être réalisé justement si la personne elle-même ne se rend pas juste, mais nous avons vu qu’être juste nécessitait des jugements adéquats aiguisés sur ce qui est. Or, cela nécessite une certaine discipline de la raison, une certaine logique, une certaine morale, des valeurs et principes.

-Ainsi, pour rendre ce monde plus juste, il est nécessaire de se rendre soi-même plus juste, et pour ce faire, il faut rendre sa raison plus ajustée, et plus ajustée dans ses jugements, et plus ajustée à la Justice, cette vertu qui est en chacun de nous, avec laquelle chacun est plus ou moins en accord, et peut-être aussi que cette justice, en tant qu’institution, diffère selon les Etats, diffère dans une république, dans son traitement, selon qu’on soit riche ou pauvre par exemple : un grand groupe peut financer des meilleurs avocats, une femme de ménage ou un ouvrier en auront un commis d’office; Mais la vertu de justice, à l’échelle individuelle, qu’est-elle ?

-Est-ce de rendre le bien par le bien et de rendre le mal par le mal ? Ainsi, la gratitude, qui correspondrait à un sentiment de reconnaissance lié à l’acte de rendre le bien par le bien, et dont les vertus neuroscientifiques ne sont plus à démontrer, n’est-elle pas liée à la vertu de Justice ? Marc Aurèle dans le premier Livre de ses Pensées, témoigne toute sa gratitude envers ses maîtres, professeurs, éducateurs, parents, et envers « les dieux », n’est-ce pas la leur rendre justice ? Mais rend-t-il le mal par le mal ? Un général l’a trahi, et il a regretté que ses soldats lui coupent la tête, disant qu’il aurait préféré le pardonner. Ses soldats n’appliquaient pas la même philosophie pratique, ni avec autant de ferveur et de justesse, de précision.

-La justice n’est pas de rendre le mal par le mal, du moins pas la justice comme vertu personnelle, mais comme nous l’avons vu, elle consiste à faire preuve de gratitude envers tout le bien que nous avons reçu depuis notre naissance jusqu’à aujourd’hui, donc à rendre le bien par le bien, ça c’est certain. Quand au mal que l’on aurait subi, il s’agirait de rendre justice. Cela me rappelle l’histoire de l’homme que les Spartiates voulaient mettre à mort pour son crime, et Lycurgue a préféré plutôt le rendre meilleur et en faire un citoyen modèle; Voilà une belle anecdote antique illustrant une démonstration de ce qu’est rendre la justice de façon noble.

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