Le vrai royaume à conquérir pour l’Homme : celui du désir et de l’aversion

Le « Manuel » d’Epictète, en grec l’Enchiridion, qui signifie « le glaive », « le poignard » que le soldat avait toujours sous la main

« Souviens-toi que ce que le désir déclare qu’il veut, c’est d’obtenir ce qu’il désire, que ce que l’aversion déclare qu’elle ne veut pas, c’est de tomber dans ce qu’elle a en aversion ; et quand on n’obtient pas ce qu’on désire, on n’est pas heureux, quand on tombe dans ce qu’on a en aversion, on est malheureux. Si donc tu n’as d’aversion que pour ce qui est contraire à la nature dans ce qui dépend de toi, tu ne tomberas dans rien de ce que tu as en aversion ; mais si tu as de l’aversion pour la maladie, la mort ou la pauvreté, tu seras malheureux.

Cesse donc de donner pour objet à ton aversion ce qui ne dépend pas de nous, transporte-la sur ce qui est contraire à la nature dans ce qui dépend de nous. Quant au désir, supprime-le absolument pour le moment. En effet, si tu désires quelque chose qui ne dépende pas de nous, infailliblement, tu ne seras pas heureux ; et quant aux choses qui dépendent de nous, qu’il est beau de désirer, il n’en est aucune qui soit encore à ta portée. Borne-toi à tendre vers les choses et à t’en éloigner, mais légèrement, en faisant des réserves, et sans ardeur. » (Manuel d’Epictète)

-Les troubles de l’âme proviennent du fait de ne pas obtenir ce que l’on désire, ou de tomber sur l’objet qu’on prend en aversion. Ainsi, l’Homme supérieur/plus heureux est celui qui obtient l’objet de son désir (toujours ou le plus possible) et parvient à éviter l’objet de son aversion (toujours ou le plus possible). (Le bouddhisme aborde les mêmes réflexions pour la quête de l' »éveil »). Ainsi, si l’Homme se préoccupe non plus de ce qui est hors de son pouvoir mais de ce dont il devrait se rendre maître en premier lieu s’il est intelligent (ses désirs et aversions), alors il emprunte le chemin de la sagesse.

-Cette réflexion nous invite à nous demander qu’est-ce qui compte le plus pour nous dans cette vie : est-ce de rester en vie, de ne pas tomber malade, de ne pas devenir pauvre, de s’enrichir et d’assurer son confort ? Car si l’on est parti comme cela, nous aurons nécessairement de l’aversion pour la pauvreté, l’inconfort, la maladie, ma mort, et nous serons nécessairement malheureux.

-Mais si nous préférons prendre conscience de ce qui compose naturellement la vie de l’Homme, alors nous ne pouvons qu’y adopter un sens qui transcende ces éléments matériels de l’existence que l’ère du temps nous appelle à vénérer, à placer au-delà de tout (société de consommation); le développement de notre âme, intériorité, pour lui permettre d’atteindre l’ataraxia (absence de troubles en grec) en considérant avec aequanimitas (équanimité, non-discrimination) les choses extérieures qui composent la vie de tout Homme, mais avec une constante attention ce qui est l’objet de nos désirs et aversions qui est le lieu qu’il convient de se préoccuper pour pouvoir atteindre la sagesse, la maîtrise de soi, la sérénité de l’âme, l’accomplissement de soi ou encore l’éveil.

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