La politique est d’abord : « ce qui est en notre pouvoir » : notre vigilance, nos choix de consommation

Pharaon d’Égypte antique dirigeant son char

– Le Manuel d’Epictète, petit traité de philosophie antique d’une trentaine de pages commence par la célèbre distinction entre « ce qui relève de notre pouvoir de ce qui n’en relève pas ».

-C’est un appel à la libération individuelle, avec donc une dimension politique : que chacun devienne son propre maître : ainsi en observant et en adoptant une attitude de vigilance dans le royaume de ses opinions afin de ne pas le laisser se faire envahir : conserver sa liberté d’adhérer ou non à tel ou tel jugement et veiller à la conserver : c’est « l’exercice spirituel » de « prosoché » c’est à dire de vigilance a ses propres pensées, afin quelles soient le plus possible en accord avec la réalité telle qu’elle est et non telle qu’on la désirerait ou telle qu’autrui voudrait nous la presenter , et ce peu importe en quelle circonstance. Un tel citoyen qui pratiquerait une telle autodiscipline y trouverait son bien propre et en serait plus libre qu’un autre. Surtout à l’heure où l’attention de notre cerveau est la cible numéro 1 de tous les nouveaux « tyrans » : faire attention à son attention devient le premier lieu qui fait des citoyens actuels des Hommes libres ou des esclaves qui s’ignorent.

Secondement étant donné que ce qui est est une société, notamment, de consommation, veiller à consommer avec conscience est un acte politique de premier ordre : contrairement à ce qui peut être dit par le vulgaire, le stoïcisme n’implique ni résignation ni passivité politique donc mais au contraire puisque beaucoup de politique se joue en tout premier lieu dans nos actions et notre façon de vivre nos consommations nos achats nos clics sur internet comptent sans doute bien plus que des votes électoraux au final.

Tandis que celui qui agit sans manière de vivre philosophique, éthique ou spirituelle, aura beau « lutter » pour défendre sa vision du monde « révolutionnaire  » ou autre, s’il ne se révolutionne pas lui même en agissant avec une certaine conscience morale, alors quel est le sens de son militantisme politique ? Râler, se plaindre, lutter contre toute forme d’autorité tout en ne se rendant pas compte que son pire ennemi est avant tout en lui même, et en ne se rendant pas compte quil sert de nombreux dieux et maîtres dans sa consommation et dans ses actions, voilà à quoi ce genre d’attitude pourrait mener : l’éthique les choix de consommation sont des actes politiques de grande importance : on réalise chaque jour un nombre important de choix politiques pour le monde de demain et pour les générations futures , qu’on en soit conscient ou non.

Cela dit, on ne peut transformer quoique ce soit si ce n’est soi même comme le mentionne Epictète donc la philosophie stoïcienne par exemple consiste avant tout à rechercher le pouvoir véritable qui est la libération individuelle seulement et qui est le seul changement possible en ce monde : vouloir changer les autres n’a et ne mènera jamais à rien comme le montre l’histoire de l’humanité : seuls ceux qui travaillent à leur propre réforme peuvent peut être changer ce qui est vers le meilleur.

Ce qui implique une action politique plus importante efficace active précise avec finalement plus d’impact que de vouloir « changer le monde » sans commencer par soi. Cest également le message politique des sages soufis des sages yogis et des sages bouddhistes. Et là seulement les actions individuelles en vue du bien commun auront plus de perspicacité et de pertinence.

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