Penser le politique actuel à la lumière des sagesses antiques : 1)comprendre, 2)se changer soi même, 3)agir pour le bien commun

Chevalier romain conduisant son char (image libre de droits)

1-Comprendre ce qui est avant de vouloir changer le monde

– Il est possible que nous ayons beaucoup d’opinions sur de nombreux sujets d’actualités ou sur ce que l’on croit être de la « politique ». La philosophie antique nous apprendrait à remettre en question avant toute autre chose extérieure nos propres opinions : la méthode socratique notamment, celle qui féconda toutes les autres philosophies qui n’en sont que des commentaires, consiste, plutôt que de chercher à donner son opinion, à s’interroger. Étonnamment les questionnements à l’apparence la plus naïve qui soit sont en réalité d’une grande profondeur et libérateurs : plutôt que d’adhérer ou s’opposer à telle idée ou tel événement, faire un retour sur soi même et raisonner, penser en essayant de mettre de côté ses croyances ou son émotivité en vue de bien distinguer le vrai du faux : c’est la méthode du bon sens : opposée à l’adhésion sans questionnement à telle ou telle idée et à l’attitude qui consiste à réagir en choisissant de se positionner contre, là encore, de façon deraisonnée. Comprendre ce qui est consiste à prendre un peu de temps pour observer et bien juger avant d’adhérer à tout et n’importe quoi, avant de vouloir dire « moi je » et défendre des opinions non attentivement examinées , non mûrement réfléchies : il s’agirait donc de bien conduire ses jugements avant de donner son opinion et son avis, tel ce chevalier romain qui conduit ses chevaux plutôt que de laisser conduire par eux.

2-Libération individuelle « égoïste  » avant le « bien » d’autrui

– Il peut sembler bon ou moral de rechercher le bien des autres. Tandis qu’il peut sembler « égoïste  » de rechercher son propre bien. Hors c’est parfois en recherchant le bien des autres ou le bien de tous que l’on adopte des opinions et des attitudes « deraisonnées ». Et inversement. Pour ce qui est de la morale par exemple en tout cas : il est très courant que certains moralistes exigent des autres ce qu’ils n’appliquent pas eux mêmes : il est bien plus sage d’appliquer pour soi même ce qu’on voudrait que les autres fassent : il faut donc logiquement être égoïste en ce sens : la vertu est un bien disent les philosophes antiques : le plus grand bien (Aristote) ou voire le seul bien en cette vie humaine (les Stoïciens) un bien nécessaire au plaisir véritable donc au bonheur (Epicure) : ce bien ne se partage pas : il nest possible de le transmettre aux autres que par son incorporation en soi même et par son exemplarité silencieuse dans ses actions (sans en faire étalage ). Il n’y a donc personne en ce sens à convaincre. Vouloir rendre les autres « moraux » c’est vouloir les changer selon nos désirs : c’est contre productif et cela nous détourne de notre propre vigilance à notre propre moralité. Moralité qui est synonyme ici d’éthique : incarner ses idées éthiques et politiques est un second pas politique après l’attitude qui consiste à comprendre ce qui est avant de vouloir changer les choses sans avoir au préalable cherché à comprendre ce qui est tel qu’il est, sans avoir cherché à incarner « le changement que l’on veut voir dans ce monde  » (Gandhi)

3-Mener des actions pour le bien commun = l' »égoïsme intelligent « 

-Enfin si et seulement si l’on sait mener ses jugements plutôt que de les laisser être menés par n’importe qui, si et seulement si l’on choisit d’incarner avant tout en soi même la morale qu’on désirerait que les autres adoptent, alors l’on peut devenir un acteur politique digne de ce nom. C’est à dire penser incarner et agir de façon sensée et non plus insensée. Et ce peu importe quels sont nos convictions éthiques notre éthique incarnée et enfin ce que l’on pense pouvoir apporter pour contribuer à ce que l’on considère être utile au bien commun de ce monde de son pays de sa cité. Après avoir compris leurs mécanismes et leurs grands enjeux actuels ainsi que notre place individuelle dans tout cela. La politique consiste donc à bien comprendre, à incarner ce changement que l’on veut voir en ce monde, et enfin à mener des actions concrètes en vue du bien commun selon nos possibilités. Chercher le bien d’autres par exemple : lutter pour plus de justice en apportant sa pierre à l’édifice est ainsi trouver son propre bien par la même occasion.

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