Qu’est-ce que le bonheur ? Voici la définition philosophique stoïcienne du bonheur (2)

Acropole, Athènes

Qu’est-ce que le bonheur ? Le bonheur ne dépend-il pas de conditions extérieures ? De la situation politique, économique de mon pays ? Du temps qu’il fait ? De mon travail ? De ma situation sociale ? Du hasard ? Du temps qu’il fait ? Voici ce qu’en penserait le philosophe romain Sénèque :

« On peut encore définir autrement notre bien [le bonheur], c’est à dire énoncer la même opinion en termes différents. » (Sénèque, De la vie heureuse)

-Sénèque propose à la suite du texte énoncé précédemment une autre façon de définir le bonheur, et la voici :

-« Je puis donc exprimer la même pensée en disant : le souverain bien est une âme qui méprise le hasard et dont la vertu fait la joie; ou bien c’est une invincible force d’âme connaissant les choses, calme dans l’action, pleine de bienveillance et d’attention dans ses rapports.

-Je puis encore définir l’homme heureux en disant que c’est celui pour lequel il n’y a d’autre bien ou d’autre mal qu’une âme bonne ou mauvaise, qui pratique l’honnêteté, se contente de la vertu, que le hasard ne saurait élever ni abattre, qui ne connaît pas de plus grand bien que celui qu’il peut se donner lui-même, l’homme enfin pour lequel le vrai plaisir sera le mépris des plaisirs.

-(…) Qui nous empêche, en effet, de dire que la vie heureuse est une âme libre, élevée, intrépide et inébranlable, à l’abri de la crainte et du désir, pour laquelle il n’y a de bien que l’honnête, de mal que la honte ? (…) Appuyé sur une telle base, l’homme doit nécessairement avoir, bon gré mal gré, une gaieté constante, une joie élevée et qui vienne d’en haut, sachant se complaire dans ce qui lui est propre, sans rien désirer de plus grand que ce qu’elle a chez elle… »

(Sénèque, De la vie heureuse)

-Le bonheur selon Sénèque, serait donc de « mépriser le hasard » c’est à dire de ne pas s’appuyer sur les choses extérieures, du dehors, qui dépendent de l’aléatoire, qui ne dépendent pas de nous seuls, « dont la vertu fait la joie », mais qui ne s’appuie que sur ce qu’elle peut se donner elle-même, « qui ne connaît pas de plus grand bien que celui qu’il peut se donner lui-même » c’est à dire la vertu, qui est en notre pouvoir d’acquérir, la seule chose en notre pouvoir, une « invincible force d’âme », une force mentale, intérieure, spirituelle, qui ne peut être vaincue par les aléas du dehors, « connaissant les choses », qui est dotée de savoir, qui est « calme dans l’action », sereine tout en étant active donc, « pleine de bienveillance et d’attention dans ses rapports » et qui conserve des liens affectueux avec clémence, humanité et qui est attentive, présente dans ses rapports humains, ses relations humaines et aussi aux objets.

-Il s’agit pour Sénèque de ramener toutes nos priorités à notre éthique de vie : de considérer comme bénéfique ou nuisible qu’une âme bonne ou mauvaise, donc que ce qu’il est possible d’acquérir ou d’éviter, de pratiquer « l’honnêteté », le bien moral que l’on s’est fixé donc, de se contenter de cela, de « peu » donc, afin de ne pas dépendre du hasard, et de conserver son indépendance intérieure; « que le hasard ne saurait élever ni abattre » : une âme toujours égale, indifférente aux choses indifférentes, qui est joyeuse dans la vertu qui lui est propre, et qui n’a d’aversion/rejet que pour le mal/le vice en elle et non pour les choses que le hasard peut apporter ou retirer. Une âme heureuse serait celle pour qui « le vrai plaisir sera le mépris des plaisirs », donc. Mépriser les plaisirs futiles qui apportent joie ou tristesse aux autres hommes et se rendre indépendant de l’aléatoire de la vie pour prendre son destin en main, voilà le chemin de vie que nous propose Sénèque.

« Appuyé sur une telle base, l’homme doit nécessairement avoir, bon gré mal gré, une gaieté constante, une joie élevée et qui vienne d’en haut, sachant se complaire dans ce qui lui est propre, sans rien désirer de plus grand que ce qu’elle a chez elle ». (Sénèque, De la vie heureuse)

-Pour Sénèque, notre bonheur ne devrait donc pas s’appuyer sur des choses extérieures, dépendre des conditions sociales d’existence, mais se contenter d’une âme forte et endurcie dans le bien moral que l’on s’est fixé, dans nos valeurs éthiques, et n’avoir d’aversion, de rejet que pour le mal, plutôt que d’en avoir pour les coups du sort, afin de se forger un bonheur indestructible, serein, indépendant des aléas de notre existence. Telle est la (ou une) définition philosophique stoïcienne du bonheur.

-Sénèque poursuivra dans son ouvrage, « De la vie heureuse », de longs développements une description plus aiguisée de ce qu’est l’homme heureux, ou plutôt de ce qu’il devrait être.

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