L’humanité est une fraternité universelle : ce que cela implique d’après Marc Aurèle

Le monde, et deux êtres humains manifestant une poignée de main, signe de coopération entre eux

-« La nature de celui qui commet une faute est d’être mon parent – non que nous soyons de même sang, de même semence, mais parce que nous avons en commun l’intelligence, parcelle divine – aucun d’entre eux ne peut me faire de mal; personne en effet ne me prendra dans un piège honteux [le seul mal pour les stoïciens est le vice et fait partie des choses qui dépendent de nous]; je ne peux m’irriter contre un parent, je ne peux le haïr. Nous sommes nés pour coopérer, comme le sont les pieds, les mains, les paupières, les dents d’en haut et les dents d’en bas. Agir les uns contre les autres est contraire à la nature des choses et c’est ce que l’on fait en manifestant répulsion et irritation. » (Livre II, 1, Pensées pour soi, Marc Aurèle).

-Voici une partie de la première pensée qui ouvre le livre II des « Pensées pour soi » de l’empereur-philosophe Marc Aurèle. Elle témoigne de la fraternité humaine universelle en laquelle croit la philosophie stoïcienne, philosophie éminemment humaniste, qui appelle à la fraternité entre les Hommes, peu importe leur ethnie, leur « caste », leur « classe sociale », leur groupe d’appartenance : tous sont « parents » et ce qui relie les êtres humains entre eux est « l’intelligence » : « parce que nous avons en commun l’intelligence », qui est « parcelle divine », ce qu’il y a de plus divin en nous, en chaque être humain, ce qui définit même l’être humain : sa raison.

-De plus, pour les stoïciens, le bien et le mal ne sont pas à l’extérieur de nous-mêmes mais dépendent toujours de nous étant donné que le bien est notre vertu propre et le mal notre vice propre : cela implique que dans cette fraternité universelle qu’est l’humanité (ou vers laquelle l’humanité devrait tendre), aucun autre être humain ne peut nous faire du mal : nous-mêmes pouvons, seulement, nous faire du mal, car le mal est le vice que nous faisons, les attitudes d’autrui sont à classer parmi les choses indifférentes c’est à dire ni bonnes ni mauvaises, neutres, puisque ne dépendant pas de nous, de notre responsabilité.

-L’humanité est une grande famille dans laquelle nous sommes tous frères et soeurs. Ce qui implique que personne n’est à haïr, car ce serait haïr un membre de notre propre famille, dès lors. Il ne convient donc de ne pas s’irriter contre qui que ce soit. Cela serait contre nature. De même agir les uns contre les autres serait donc contre nature, et c’est ce que l’on fait en manifestant envers d’autres êtres humains de la répulsion/aversion (haine/rejet/colère) ou de l’irritation. Si l’on en suit les principes stoïciens et que l’on pense que toute l’humanité est comme une grande famille dans laquelle nous sommes tous parents, frères et soeurs, alors, il n’y a pas lieu de haïr, de s’irriter, de prendre en aversion/répulsion qui que ce soit dans l’ensemble de l’humanité, mais plutôt nous sommes nés pour coopérer, pour travailler ensemble pour le bien commun.

-Le stoïcisme considère donc que tous les êtres humains sont frères et soeurs, et cela de par l’intelligence, la raison, qui nous est commune à tous. Il manifeste un optimisme et une confiance en l’humanité. Le stoïcisme est un humanisme. Cela implique que dans nos attitudes au quotidien nous devrions être plus tolérants, plus ouverts, plus bienveillants envers notre prochain. C’est aussi cela, vivre selon la nature, la « nature universelle » et la nature humaine, l’intelligence qui fonde notre humanité.

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