Le « tri nettoyant » : exercice philosophique pour y voir plus clair dans sa vie

-« Doutez de tout » est un enseignement du Bouddha (philosophie orientale), autant que de la philosophie occidentale. Cet exercice peut être perçu par certains à première vue comme source de trouble, d’angoisse, se remettre en question n’est effectivement pas à la portée de tout le monde. Il est pourtant la base des philosophies du bonheur : philosophie universitaire, stoïcisme, socratisme, platonisme, bouddhisme et bien sûr scepticisme. En effet, pour les Sceptiques qui ont beaucoup expérimenté cet exercice philosophique, cette attitude de doute contrairement aux préjugés, est source d’apaisement et de tranquillité de l’âme : l’âme se place dans une posture où elle n’affirme rien : cela est apaisant et source de quiétude, paradoxalement, que le doute.

-Voici un exemple : De quoi est-on sûr, finalement ? Pourquoi sommes-nous si attachés à nos opinions, parfois pourtant grandes sources de troubles comme les opinions et croyances plus ou moins farfelus que l’on se fabrique en société : certains se sentent plus élevés du fait d’avoir beaucoup d’opinions, ou appartenir à un groupe qui a les mêmes opinions que lui-même, afin de ne pas être dans l’inconfort du doute, et trouver le confort de l’opinion, voire de la certitude, du dogmatisme.

-Certains passent toute leur vie à parier sur une opinion qu’ils parient comme étant vraie : l’existence d’un Dieu par exemple, qui serait le leur, tels qu’ils l’imaginent, et qui aurait fondé leur religion, ou apporté des interdits et règles de vie ainsi que des enseignements pour la façon dont ils devraient vivre. Si un jour ils remettent en question cette opinion, tout leur monde intérieur s’écroule, puisqu’il ne tient que par celle-ci.

-D’autres ont beaucoup de difficulté à remettre en question leurs opinions politiques, et sont enfermés dans leurs idéologies et luttes d’idées sans les remettre en question.

-De façon plus subtile, les opinions que nous pouvons avoir sur la vie en général, le monde qui nous environne, la société, nos proches et nous-mêmes, influencent énormément notre vie psychique.

-Mais concrètement, de quoi est-on vraiment sûr ?

  1. Nous allons tous mourir.
  2. Le bonheur est préférable au malheur
  3. Nous nous doutons qu’une vie heureuse suppose une discipline de vie
  4. Comment mettre en place cette discipline de vie qui nous rendrait heureux ?

Voilà un exercice extrêmement simple que j’ai créé en m’inspirant du doute philosophique, du scepticisme (en grec « epoché ») et du stoïcisme. Il est très accessible : nous ne sommes sûrs de pas grand chose finalement, mais nous sommes tous certains que nous allons tous mourir un jour.

1.Nous allons tous mourir

-Nous-mêmes allons mourir, nos proches vont mourir, nos parents, nos frères, soeurs, nos grands-parents, nos tantes, oncles, conjoint(e), les gens que nous aimons autant que ceux que nous n’aimons pas. Nos amis ainsi que nos ennemis, ainsi que nous-mêmes. C’est une vérité universelle, indubitable (on ne peut plus douter de cette affirmation).

2.Le bonheur est préférable au malheur

-Cette affirmation sonne comme une évidence, et pourtant en réalité beaucoup de personnes recherchent leur propre malheur, par ignorance, voire par plaisir (masochisme) si étonnant que cela puisse paraître. Bien que nous allons tous mourir, comme nous l’avons découvert dans la première vérité universelle, nous préférons vivre heureux que malheureux, même si cette vie est éphémère. Cette vérité est plus relative que la première : beaucoup dans nos sociétés occidentales modernes déspiritualisés et nihilistes, luttent avec acharnement pour défendre leur malheur : on peut penser aux alcooliques qui luttent pour leur prochaine dose d’alcool, mais aussi aux masochistes qui prennent plaisir (inconsciemment ou non) à souffrir, à se plaindre, à se confondre dans leur souffrance, à se faire plaindre aussi, à rechercher de l’aide extérieur, du soutien extérieur, à l’excès, il y a le cas de la dépression, dont nous laisserons le soin aux professionnels de s’occuper de ce sujet, mais certains développent des contraintes à l’intérieur de leur propre esprit, et nous ne pouvons généraliser car chaque cas de dépression est unique différent et complexe. Cette vérité est donc moins évidente que la première : le bonheur est relatif, sera différent selon une personne ou une autre, semble-t-il, certains luttant avec acharnement pour prendre du plaisir (que nous qualifierons de malsain) dans leur souffrance, et ne s’en rendent pas forcément compte, ils sont enfermés aussi de leurs habitudes, et le bonheur, comme nous l’enseigne Aristote ou les Stoïciens, est lié bien sûr à nos habitudes, certaines étant plus propices à notre épanouissement personnel que d’autres.

3.Le bonheur suppose une discipline de vie

-La première vérité, que nous allons tous mourir, est universelle. La seconde, que le bonheur est préférable, est plus relative voire polémique, elle suppose un choix de vie, une lutte personnelle, car tout le monde ne serait pas forcément d’accord avec (dans sa conscience ou son inconscience, ou son Inconscient si on admet l’hypothèse de celui-ci). La troisième vérité que nous pouvons découvrir est que le bonheur ou notre épanouissement et réussite personnels présupposent un chemin, une discipline de vie. Notre bonheur, peut-être synonyme de notre liberté intérieure tout au moins, ne peut « tomber du ciel ». Bien que là encore cette vérité est relative, car beaucoup préfèrent se laisser aller : paresse, inactivité, automutilation, laisser-aller, suicide, débauche, mode de vie malsain, aliénation de laquelle il est difficile de s’en sortir mais la personne ne veut pas s’en sortir, etc. Cette troisième vérité est donc encore « polémique » et non universelle, elle suppose une volonté et un choix, qui n’est pas forcément celui du plus grand nombre, il est loin d’être celui de tous, en tout cas, comme chacun pourra le constater par lui-même.

4.Comment mettre en place cette discipline de vie qui nous permettrait de nous épanouir ? Le chemin vers notre épanouissement

-Il ne reste donc qu’à connaître et comprendre ce qui nous permettrait réellement de nous épanouir, et bien que cela peut sembler évident, simple, peu de gens se connaissent réellement, ces vérités très simples en apparence ne sont pas forcément mises en pratique par le plus grand nombre. Ensuite, de se donner les moyens de son épanouissement durant cette vie, en commençant par notre rapport à la mort, qui influence nécessairement tout le reste de notre vie. Puis en se séparant de tout ce qui nous rend malheureux : croyances inutiles, opinions sources de troubles, ce qui nous fait perdre du temps, nos mauvaises habitudes, pour se consacrer à ce qui nous anime le plus, nous permet le plus de nous épanouir, et nous correspond, tout simplement (facile à dire, mais la pratique est la vie elle-même).

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