Manifeste Pour un Renouveau du Stoïcisme : Renouer avec la Poésie du Kosmos, Cesser d’exagérer nos problèmes, Retrouver le Sens du Bien commun

-Le stoïcisme est une très belle philosophie de l’Antiquité, qui a perduré dans le temps de façon très importante : de la Grèce Antique jusqu’à la Rome Antique, jusqu’à la Renaissance et notre modernité. C’est une philosophie qui peut permettre de renouer avec la beauté du monde, de la nature, de renouer avec le sens de la vie, de renouer avec l’éthique, de (re)trouver de très belles valeurs.

-Mais c’est une philosophie antique. Née dans un paysage antique, une tradition antique, une société antique, une religion antique, professée par des personnages antiques. Alors, que faut-il en conserver aujourd’hui ? C’est ce que nous allons voir dans cet article, qui est une proposition, une réflexion méta-stoïcienne consistant à proposer ce que nous pouvons en conserver de nos jours, sans éliminer forcément le reste, mais plutôt « Sur quoi devrions-nous nous focaliser de la philosophie stoïcienne dans notre monde actuel ? » Et voici ma réponse.

  1. « Physique stoïcienne » : Toujours s’émerveiller face à la Beauté magistrale du Kosmos qui est en nous et autour de nous.
  2. « Logique stoïcienne » (ou Psychologie) : Ne pas en rajouter, ne pas exagérer les choses, ne pas déformer la réalité, se contenter des phénomènes tels qu’ils nous apparaissent.
  3. Ethique stoïcienne : Développer en soi-même un humanisme bienveillant, une lutte pour le bien commun, rechercher la vertu pour notre propre bonheur.
  4. Exercices spirituels : Exercices pour se libérer des émotions négatives « passions », acquérir la sérénité, enrichir notre intériorité, renforcer notre humanité.
  1. PHYSIQUE STOÏCIENNE : (Ré)apprendre à s’émerveiller et reconnaître la Beauté dans la Nature et en soi-même, et chez autrui

-La physique stoïcienne serait « dépassée » disent certains individus notamment sur les réseaux sociaux. Or, ils croient que notre science physique moderne serait un dépassement de la physique stoïcienne, plus « arriérée ». Il n’en est absolument rien : ces personnes n’ont pas compris que la « physique » stoïcienne n’a pas du tout le même sens que nos sciences physiques actuelles : elles n’ont ni la même visée ni le même objet. La physique stoïcienne est une « théologie », une « mystique », une vision optimiste du monde. Elle est justement ce qui fait défaut à notre civilisation : un lien spirituel avec le kosmos, la Nature. Elle est ce qu’on peut retrouver chez les peuples Amérindiens par exemple, qui ressentaient la Nature comme vivante, intelligente, dôtée d’un « Grand Esprit ». Cela n’a donc rien à voir avec la « Science physique ».

-La physique stoïcienne est justement ce qui manque à notre rapport à la Nature dans notre civilisation, et notamment dans la mouvance de l’écologie : c’est bien de vouloir protéger la nature, mais encore faut-il aussi avoir un lien avec elle, un lien profond et spirituel, donc en se libérant de ce que j’ai nommé la « déspiritualisation de notre civilisation » et en retrouvant cette partie importante de notre humanité qu’est la spiritualité, le lien intérieur avec la Nature environnante qui est aussi en nous-mêmes, car nous sommes « une partie du Tout ».

-Cette physique nous fait adopter donc une pensée systémique : la Terre n’est qu’un point, dit Marc Aurèle. Dans l’immensité de l’univers, elle n’est qu’un grain de poussière : nous ne sommes pas le centre du monde. Cette physique nous libère aussi de l’individualisme moderne, du narcissisme égocentrique moderne qu’on peut notamment observer sur les réseaux sociaux, de l’égoïsme qui ronge les esprits de nos sociétés modernes.

-Cette physique permet aussi de retrouver le rapport poétique que les Anciens et les Sages ou encore les Peuples Premiers avaient et ont avec le Tout, le monde, l’univers : il s’agit d’avoir un être-au-monde que les personnes dépressives ne peuvent plus retrouver : celui de l’étonnement, l’émerveillement, exactement comme l’attitude d’un enfant, face à cette sublime Nature et ses innombrables beautés.

2. « LOGIQUE STOÏCIENNE » (ou Psychologie) : Relativiser nos malheurs, cesser d’exagérer nos petits maux, de déformer les choses, se contenter de la réalité telle qu’elle est

-De nos jours dans nos sociétés occidentales modernes, nous ne manquons de rien : nous vivons au contraire dans la surabondance matérielle, le confort extrême. Nous faisons quelques pas, nous actionnons un bouton, et voilà que nous pouvons éclairer toute une pièce de lumière. Nous refaisons quelques pas et nous actionnons un petit levier : voilà que coule de l’eau chaude très agréable. Nous traversons la rue, et voilà que nous avons accès à la nourriture de tous les continents au supermarché. Très peu d’entre nous vivons près de volcans en éruptions, de zones sismiques très dangereuses, ou se retrouvent face à des risques récurrents de tsunamis : nous vivons, pour reprendre l’expression très teintée de stoïcisme, de Leibniz, dans « le meilleur des mondes possibles ».

-Et pourtant, la dépression n’a jamais été aussi présente dans nos populations, qui comme des enfants pourris gâtés de jouets, de matériel de confort et d’éducation douce, sont blasées, fragilisées, se plaignent, se révoltent, se sentent malheureuses, cherchent un sens (ou non) à leurs vies extrêmement confortables : certains consomment de l’alcool en grande quantité, prennent des drogues, se mutilent, se suicident, veulent changer de sexe, luttent contre le sexe opposé à cause de mauvaises expériences en amour, en veulent aux politiciens, se croient dans une « dictature » alors que nous vivons dans les sociétés les plus libres, confortables et riches au monde, où la liberté d’expression n’est pas un problème, où la police ne tue pas nos manifestants, et où chacun se remet un minimum en question moralement : ce qui n’est pas forcément le cas dans d’autres pays, d’autres sociétés de ce monde, desquelles les habitants s’échappent parfois pour pouvoir vivre dans les nôtres : eux seuls mesurent cette réalité : ils sont très joyeux de rencontrer nos si petites difficultés d’Occidentaux modernes, après avoir expérimenté le pire dans de vraies dictatures, avec de vrais problèmes, un réel inconfort, un risque permanent d’être tué.

-Le stoïcisme est une très belle philosophie de vie pour prendre conscience de ces phénomènes et ne pas imiter le troupeau et s’oublier en lui, en se plaignant sans cesse (phénomène plus récurrent en France qu’ailleurs) comme un enfant qui pleurniche parce que ses parents ne cèderaient pas à ses caprices interminables : nos désirs insatiables, auxquels le stoïcisme permet de remédier. Ne pas en rajouter, exagérer, déformer la réalité : non la France par exemple, n’est pas un si mauvais pays, non la vie n’est pas si dure, non ce n’est pas si grave, non personne ici n’est réellement « opprimé », même notre langage peut être pollué par des termes chargés en connotations : au contraire, relativisons : l’herbe paraît toujours plus verte chez le voisin, mais ce n’est pas réellement le cas : contentons-nous de notre jardin.

3. Retrouver un sens éthique : renouer avec la morale. Promouvoir un humanisme bienveillant, le sens du bien commun

-Influencés par la physique qui nous fait comprendre que nous ne sommes pas le centre du monde, mais une partie du Tout, et par la logique qui nous fait comprendre que nos malheurs ne sont pas si graves que ce que l’on en dit ou croit, l’éthique de l’humanisme bienveillant peut fleurir, le sens du bien commun, de l’altruisme et la libération de notre égo(ïsme) peut alors advenir : nous sommes prêts pour développer le sens du bien commun, soit la meilleure attitude qui soit pour trouver le véritable bonheur : chercher le bonheur non pas de soi-même, mais de l’ensemble dont nous sommes une partie. Et renouer avec la vertu, même si elle n’est pas à la mode, car cela épanouit notre nature individuelle, notre nature sociable et rationnelle, née pour vivre avec ses semblables en société, née pour son épanouissement, comme une graine naît pour un jour fleurir.

4. Les exercices spirituels : Se libérer de nos émotions négatives par des techniques simples, des outils thérapeutiques stimulants, bénéfiques et enrichissants

-Le stoïcisme dispose de nombreux exercices spirituels, thérapeutiques car c’est une philosophie de vie. Ces exercices sont de bonnes habitudes à prendre pour se transformer et donc transformer son existence. Vous êtes angoissé à l’idée de la mort ? Vous vous préoccupez souvent de ce que les autres vont penser de vous ? Vous êtes dispersé ? Vous avez tendance à toujours chercher à avoir raison dans les débats et cela est pour vous source de tension ? La philosophie stoïcienne répond à toutes ses problématiques, et est en cela très moderne et actuelle.

2 commentaires sur “Manifeste Pour un Renouveau du Stoïcisme : Renouer avec la Poésie du Kosmos, Cesser d’exagérer nos problèmes, Retrouver le Sens du Bien commun

  1. Texte intéressant mais très inégal ou en tout cas avec des affirmations à nuancer. Il rend sa juste place à la physique telle que la concevaient les anciens stoïciens mais est parfois très simpliste dans certaines de ces affirmation en ne tenant pas compte justement, de la réalité. Comment peut-on écrire que nous vivons dans des sociétés où la police ne tue pas nos manifestants quand des gilets jaunes ont été éborgnés ou défigurés il y a quelques années et qu’ il y a eu des tirs à balle réelle sur des manifestants pacifiques au Danemark il y a quelques semaines. Quand à la liberté d’expression elle est quand quand même un peu écornée lorsqu’on constate les migrations de plus en plus nombreuses vers de nouvelles plateformes vidéos (Odyssée, Crowbunker etc.) pour échapper à la censure des réseaux sociaux habituels. Ces plateformes qui ont tout de même moins de visibilité que You Tube et consorts. Société globalement riche c’est vrai, mais avec une part de la population de plus en plus importante qui n’a plus accès à ce confort de vie à cause de la grande pauvreté qui ne cesse d’augmenter. Nous allons peut-être même vers une disparition progressive de la classe moyenne. Il est vrai que nous restons malgré tout extrêmement favorisés par rapport à d’autres pays où les gens savent se contenter de peu et acceptent la vie dans toute sa finitude et sa fragilité. Mais cette débauche de biens matériels et de technologie high tech qui nous caractérise n’est -elle pas en fait notre malédiction ?

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    1. Oui, la seconde partie de mon article tend à relativiser au cas où on se croirait dans la pire situation du monde, la pire société du monde, le pire des mondes. Ce que vous/tu dites peut donc être une perspective de diagnostic de ce qui devrait être amélioré pour le bien commun, ces opinions étant propres à chacun, je ne les ai pas développé en 3 è partie mais j’ai parlé de lutte pour le bien commun, donc contre les violences policières (que j’ai d’ailleurs subi personnellement), pour protéger notre liberté d’expression si difficilement acquise, car effectivement il faut lutter pour conserver nos libertés. Notre confort matériel = notre malédiction ? Perspective intéressante, mais on peut, individuellement, se placer dans un inconfort volontaire, ne pas se laisser aliéner par son confort, comme Sénèque pouvait le faire à son époque. J’ai personnellement écrit cette deuxième partie ‘logique/psychologie) car je remarque partout des gens qui se plaignent, et c’est un phénomène franco-français : le problème c’est que ces personnes sont atteintes de troubles selon mon avis, notamment vis à vis de l’autorité paternelle qu’ils voient symboliquement représentée ailleurs, notamment dans le pouvoir. Ce qui ne veut pas dire qu’il ne faille pas lutter pour défendre ses idées, droits et libertés, je constate que la France est un pays qui se plaint et c’est culturel ici. Ce n’est pas le cas dans bien d’autres pays. La France est le pays où il y a le moins d’écart entre riches et pauvres : on vit dans le meilleur pays du monde, et le plus beau aussi sans doute. C’est juste que les habitants voient le verre à moitié vide très souvent et je me démarque donc. Bien sûr encore une fois, cela n’est pas de la résignation : la partie sur l’éthique met bien en avant la lutte pour le bien commun : selon nos opinions politiques personnelles et à notre échelle. « Ce n’est pas la réalité » : certains gilets jaunes ont aussi été violents. Et j’aurais pu ajouter bien des choses qu’on oublie trop souvent et qui ne passe presque jamais dans les médias : tout ce qui est « positif », les bonnes nouvelles, ce qui fonctionne bien. Je crois qu’on est dans une société de fragiles pourris gâtés matérialistes malheureux souffrants, et j’ai pu voir des habitants d’autres horizons avec d’autres expériences de vie et d’autres moeurs. Ainsi je suis tout comme vous/toi, influencé par mon expérience de vie : la France est le pays qui offre le plus d’aides sociales, au monde me semble-t-il. Le climat par ici est le meilleur au monde : il est tempéré, nous n’avons pas de tornade (il y en a à certains endroits des Etats Unis), pas d’animaux dangereux (en Côte d’Ivoire il y en a partout) : certains se plaignent des quelques magnifiques loups que nous aurions sur notre territoire. Mais beaucoup sont en lutte permanente qui cache en réalité une lutte contre leur propre père, qui est à résoudre et cela se peut avec les enseignements stoïciens : on retrouve beaucoup d’idées qui vont en ce sens chez Epictète et Marc Aurèle. Certains, et j’approfondirais cette idée dans une prochaine réflexion, luttent uniquement pour des idées matérialistes (pouvoir d’achat) comme peut-être beaucoup de gilets jaunes. Je ne me reconnais pas dans leurs luttes. Je ne suis pas non plus contre cela dit. Mais voir du pays peut aussi nous permettre de prendre conscience du grand bonheur qu’est la vie en France ! Mais visiblement on est aussi le pays qui consomme le plus d’antidépresseurs et autres saloperies : les gens sont mal intérieurement, mais la société est prospère, le confort et le matériel sont bénéfiques si on en fait bon usage, évidemment pas d’i on y est comme enchaîné. Les jeunes n’ont jamais eu le moral aussi bas : certes, mais c’est qu’ils n’ont aucune vie religieuse ou spirituelle, et qu’ils n’ont pas reçu une éducation spirituelle qui seule permet le bonheur, car leurs difficultés sont bien ridicules par rapport à celles que vivent les migrants par exemple etc.

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