Introduction à la philosophie générale comme manière de vivre : comment se libérer de ses maîtres intérieurs ? + liste de livres

L’Ecole d’Athènes, Raphaël, Platon à gauche, montrant le ciel du doigt, Aristote, son disciple, à droite, montrant la terre du doigt

Beaucoup de maîtres peuvent nous gâcher la vie : ignorance (qui consiste à croire que l’on sait), haine, colère excesssive, « dépression », peur de la mort, addictions au tabac, à l’alcool, à des drogues ou des médicaments, à du sucre, de la malbouffe, à des réseaux sociaux, au sport, peur du jugement d’autrui, jugements illusoires que l’on a envers autrui, jugements envers soi même qui peuvent nous gâcher la vie, superstitions, croyances erronées sur le monde, sur les autres, sur « la société », « théories du complot » et désinformation, croyances erronées sur soi-même, accuser d’autres d’êtres responsables de nos malheurs, (ses parents, les extra-terrestres, Dieu, le diable peu importe) obsessions de l’apparence physique ou de l’image de soi, victime de croyances sectaires ou magiques qui peuvent exister dans certains milieux, tant de maîtres de ceux qui n’ont pas le privilège d’avoir un bon professeur de philosophie, et qui empêchent un individu de se réaliser tel qu’il est et de comprendre le monde tel qu’il est. Thalès, mathématicien et philosophe disait « Connais toi toi-même et tu connaîtras l’univers et les dieux ».

Socrate, Epictète, Sénèque, Bouddha, Montaigne et Spinoza nous ont laissé un héritage libérateur qui peut nous permettre de nous libérer de tous nos maîtres qui peuvent nous gâcher la vie et donc de mener une vie heureuse.

-Les Mémorables de Xénophon est un ouvrage abordant les enseignements de Socrate.

-Le Manuel d’Epictète est un ouvrage d’une vingtaine de pages (qui coûte 2 euros) et il y a dedans les réponses à toutes ces problématiques.

-Les Lettres à Lucilius de Sénèque est un ouvrage épistolaire (sous forme de lettres)

-Les Dhammapada du Bouddha sont les versets dictés par le Bouddha à ses disciples : les découvertes scientifiques les plus récentes redécouvrent encore la justesse de ses découvertes plusieurs centaines d’années avant Jésus Christ.

-L’Ethique de Baruch de Spinoza est un livre plus précis, plus rigoureux, plus juste mais aussi plus difficile à aborder, étant donné qu’il a été écrit en langage géométrique ardu. Paradoxe car l’éthique qu’il propose est la moins austère et la plus libératrice au final, mais son écriture est quant à elle, la plus austère à lire. Il n’a pas écrit en langage poétique, il aurait pu.

-Les Pensées pour moi-même de Marc Aurèle est une oeuvre plus accessible écrite par la plume d’un empereur romain philosophe : un ensemble de courtes maximes qui peuvent parler à tout être humain, ou non. Cet empereur romain était le disciple d’un esclave du nom d’Epictète. Un esclave qui avait choisi de tout investir non pas dans l’apparence de la puissance mais dans sa propre puissance : la liberté intérieure et la maîtrise de soi, la faculté de toujours bien juger peu importe les événements, en plus de la gratitude régulière envers la vie, la nature (la science a démontré récemment que l’exercice de gratitude régulier est excellent pour la santé mentale et physique) tout en ayant vaincu ses propres passions, à commencer par les petites colères jusqu’à pourquoi pas « vaincre » la crainte de la mort et de la mort de ses proches (deuil), la crainte des tremblements de terre (c’était courant à Nicopolis, en Grèce antique), des épidémies et des guerres, afin de mieux les vivre si elles deviennent inévitables.

-Les Essais de Montaigne, qui était dit-on, à une période de sa vie un socratique, à une autre un stoïcien et à une autre un sceptique, était quoiqu’il en soit, un philosophe éclectique (qui ne rentre pas dans un système, dans un courant, dans une étiquette ou dans une case et qui s’approprie la sagesse où qu’il la trouve peu importe dans quel système philosophique ou chez quel auteur qui l’a précédé-il pense sa vie et vit sa pensée, il expérimente par lui-même, découvre des choses sur lui-même, sur le monde, et par lui-même, à son époque et dans la société qui était la sienne, dans le contexte sociétal qui fut le sien.)

-Lettre à Ménécée d’Epicure, petit traité facile à lire abordant la question du bonheur, libérant des superstitions mythologiques, abordant la question de la compréhension de la nature et donc des sciences comme outils psychothérapeutiques, un livre plein de simplicité pour (re)trouver sa tranquillité intérieure.

-Gorgias de Platon, oeuvre très importante et précieuse, riche d’enseignements philosophiques, intellectuels, généraux abordant la question de la vie heureuse, mais aussi de la rhétorique (l’art de bien s’exprimer à l’oral), qui rendrait plus heureux si on la maîtrise, d’après Gorgias le sophiste, auquel s’oppose Socrate.

-Ethique à Nicomaque d’Aristote, « lecture ascétique », rigoureuse, une pensée imprégnée de logique et de rigueur, abordant la question de la vie heureuse et de l’éthique, qui est toujours reliée à d’autres questions philosophiques/générales.

-Henry David Thoreau , Walden ou la vie dans les bois, philosophe étatsunien qui inventa le concept de « désobéissance » qui inspira Gandhi, qui décida de vivre pendant un certain temps en pleine nature, « à la spartiate » selon sa propre expression. Il connaissait ses épicuriens et ses stoïciens.

-Jean Jacques Rousseau, les rêveries du promeneur solitaire, philosophe francophone amoureux de la nature et anticonformiste, très inspiré aussi par les philosophes antiques et décrié par ses contemporains : on se rend compte de nos jours qu’il avait raison sur beaucoup de points contre ses détracteurs : c’est notamment un pionnier de l’anthropologie et un « précurseur » de Darwin.

-Charles Darwin, De l’origine des espèces. Un ouvrage intéressant, à lire sans les étiquettes athée versus religieux, croyant versus athée, créationniste versus évolutionniste, car ces débats n’ont aucun sens quand on comprend Darwin qui était lui-même un chrétien, mais il était à la fois chrétien et intelligent et observateur de la nature, utilisant sa raison : il se distingue donc des athées non intelligents et des chrétiens non intelligents. C’est dommage d’opposer l’évolution « scientifique » au sentiment religieux, plus poétique, qui peuvent aller de pair : Darwin parle par ailleurs d’une « sélection naturelle » et qu’est-ce qui fait cette « sélection » ? L’adaptation de l’individu au milieu ? Il a d’ailleurs été très mal interprété et utilisé à toutes sortes de causes qu’il ne partageait pas. Le « darwinisme social » par exemple n’a aucun lien avec Darwin, de même que le « machiavélisme » n’a aucun lien avec Machiavel. Darwin parlait de coopération dans la nature et pas seulement de compétition. « Nous sommes nés pour coopérer » (Pensées pour moi-même) disait déjà Marc Aurèle, au passage.

-Machiavel, Le Prince. Contrairement aux préjugés, Machiavel n’a rien de « machiavélique ». C’est plutôt un humaniste. Qui prend en compte le réel avant d’établir une éthique plutôt que de vouloir adapter le réel à une morale de façon prétentieuse.

Un commentaire sur “Introduction à la philosophie générale comme manière de vivre : comment se libérer de ses maîtres intérieurs ? + liste de livres

  1. Belle analyse et belle bibliographie pour trouver le Bonheur; à condition de lire. de réfléchir, de méditer et de pratiquer ce que l’on a appris !

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