Commentaire des enseignements d’Epictète (Les Entretiens-Sur le progrès) : Comment progresser vers la sérénité ?

Figure supposée d’Epictète, maître en philosophie stoïcienne

L’on progresse dans la vertu et donc vers la sérénité, lorsque l’on règle correctement ses aversions et désirs. Pour cela il faut s’exercer à ne pas avoir en aversion les choses qui sont selon la nature : pauvreté, maladie, mort, prison, ces choses qui ne dépendent pas directement de nous et qui pourraient nous arriver. Plus concrètement, au quotidien nous pouvons perdre des biens, des relations, notre santé, et nous pouvons aussi décéder ou perdre des proches. Si nous nous entraînons à avoir moins d’aversion envers ces phénomènes naturels, alors nous progresserions dans la vertu et donc dans la sérénité. Que sont nos aversions : c’est ce que l’on ne veut pas voir arriver, ce que l’on rejette, ce que l’on refuse, fuit : la mort, celle de nos proches, la pauvreté, la perte de biens matériels, la diminution de notre santé, etc : or cela finira bien par nous arriver un jour, d’après les lois de l’univers, il faut donc s’exercer à l’accepter et pis encore à le vouloir : vouloir les événements tels qu’ils arrivent, et le cours de ta vie sera heureux (Manuel d’Epictète). Tâche importante du philosophe s’il veut bien vivre, progresser vers le bonheur c’est à dire d’après les philosophes stoïciens, vers la vertu. Savoir accepter son sort quoiqu’il advienne,
conserver sa sérénité, garder son esprit en accord avec le réel avec l’enchaînement de causes que compose le Destin, rester en accord « avec les dieux », tel est le projet du stoïcisme. Si cette doctrine (le stoïcisme) était une duperie ajoute Epictète, alors il serait bien content de croire en cette duperie qui lui permettrait de vivre une vie sereine et sans trouble, contrairement aux personnages des grandes pièces de tragédies grecques comme Priam ou Oedipe,
fascinés par les objets extérieurs et occupés à tout sauf à ce qui est en leur pouvoir à eux exclusivement. A nous de voir ce que nous voulons.

Progresser vers la sérénité est donc possible en nous exerçant dans le domaine de nos désirs et aversions : en désirant le réel, notre situation telle qu’elle est, le monde tel qu’il est, et en s’exerçant à ne pas avoir en aversion ce qui pourrait arriver d’après les lois de l’univers, du réel : une adaptation totale à la réalité se met alors en place, un accord avec le dieu, le réel, et une certaine sérénité, un accord entre notre volonté et celle du dieu, une harmonie, nécessitant une pratique constante de ce type d’exercices, sur nos désirs et aversions, puis jugements et actions.

(Commentaire suite à la lecture du Chapitre 4, Livre I des Entretiens d’Epictète, Sur le progrès)

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