Le stoïcisme, le « bouddhisme d’Occident » ? L’héritage européen de la sagesse comme mode de vie

Marc Aurèle, empereur romain du 1 er siècle, adepte de la sagesse pratique et de la méditation stoïcienne

Le bouddhisme, qui est à la base une philosophie antique indo-européenne, est une manière de vivre ancrée principalement dans les sociétés du continent asiatique avec leurs spécificités, leurs rituels, leur art. Parfois cette philosophie peut être confondue avec une religion pour ces raisons d’ancrage dans un contexte sociétal et structuré. Néanmoins il s’agit là d’une manière de vivre et qui est qui plus est très scientifique : Siddharta Gautama, le Bouddha historique qui a donné naissance à cette philosophie incroyablement visionnaire et en accord avec les sciences les plus modernes ainsi que les philosophies les plus modernes et pointues (Spinoza, phénoménologie), qui était le fils d’un empereur de l’Inde, a préféré chercher la fin des souffrances de l’ensemble de l’humanité plutôt que le pouvoir politique temporel. Il a donc avant tout cherché les réponses aux souffrances de ses semblables en lui même, en pratiquant la méditation, soit se poser et revenir en soi afin d’observer à la manière d’un philosophe sceptique ou d’un scientifique le fonctionnement de son propre esprit et ce de façon régulière pendant un certain temps.

Jusqu’à atteindre l’éveil et délivrer son message pour l’ensemble de l’humanité : un message d’une grande simplicité mais d’une grande profondeur avec une précision et une exactitude conservés jusqu’à nos jours : l’altruisme du coeur et le discernement de l’intelligence à (re)trouver en soi : c’est à dire ces deux grandes valeurs universelles réunifiant l’humanité dans son ensemble.

Alors que nous Occidentaux (et Africains et jusqu’au Moyen Orient) nous avons hérité des croyances judéo chrétiennes puis musulmanes donc abrahamiques, et de ces manières de vivre de penser et de voir le monde, qui ont pu apporter et apportent toujours beaucoup de belles valeurs du sens de l’intelligence du coeur et de la solidarité entre les humains, il faut savoir que ces traditions monothéistes abrahamiques, qui reposent sur des dogmes et des croyances et des mythes, ainsi que de nombreuses nobles valeurs morales et des exercices spirituels pouvant transformer les émotions nuisibles vertus, héritent de la philosophie grecque. Rationalité , logique , raison, amour des savoirs qui en fait était une manière de vivre, qui comme le bouddhisme s’appuyait sur la raison et la démarche scientifique de recherche de la vérité, démarche la plus humble et morale qui soit qui ne peut accepter des dogmes s’ils sont refutés donc qui consiste en la recherche par soi même de sa vérité. Donc il n’y avait pas une vérité imposée pour tous par quelques-uns à laquelle tous furent obligés d’adhérer sous peine de rejet social mais des hommes libres usant de leur raison , pouvant suspendre leur jugement sur ce qui est incertain adhérer au vrai et réfuter le faux. Les élites intellectuelles judéo chrétiennes et musulmanes s’appuyaient sur cet héritage grec. Et Pierre Hadot, ancien pretre et théologien chretien philosophe et philologue français (décédé en 2010) a démontré dans son ouvrage « Qu’est ce que la philosophie antique ? » que le christianisme héritait très largement de la philosophie antique de ses vertus et de ses exercices spirituels jusque dans sa mystique (les exercices spirituels de st ignare de loyola ). Sauf que le stoïcisme ne demandait pas à ses adeptes de croire en des dogmes en des mythe et n’était pas moralisateur : « bouddhisme occidental  » (ou le bouddhisme est un stoïcisme oriental?) peu compris car perçu à travers les prismes et filtres des conditionnements de nos héritages monothéistes abrahamiques avec leur politique leurs mythes et leur histoire leur psychologie aussi, le stoïcisme est en réalité une manière de vivre qui a précédé le judéo christianisme en Occident notamment en Grèce antique et en Rome antique.

Manière de vivre en vue de se délivrer de ses malheurs et de son ignorance (qui sont synonymes pour le stoïcisme colle pour le bouddhisme), d’atteindre un idéal de vie heureuse c’est à dire de sagesse et d’absence de trouble, le stoïcisme est une très belle sagesse qui se base sur la raison, qui montre que le bonheur se construit en priorité en son âme par une thérapeutique des passions et des exercices méditatifs et spirituels accessibles à tous, afin d’atteindre lataraxie qui est l’acceptation de ce qui est tel qu’il est des jugements adéquats sur les choses et la transformation de nos émotions destructrices en un esprit serein calme pacifié et actif pour le bien commun (le stoïcisme est une philosophie très concrète de l’action et de la Sagesse pratique) dans les limites de ce qui est en notre pouvoir individuel car le bonheur individuel ne peut se situer dans l’égoïsme : c’est donc une sagesse créatrice de cercles vertueux. La recherche du bonheur par la sagesse de l’intelligence et l’altruisme du coeur, la réduction des émotions perturbatrices et l’entretien des qualités intérieures et sociales donc, une vision du monde très belle : l’univers est une merveille parfaitement organisée par une intelligence bienveillante que l’on peut observer partout dans la nature et en soi : telle est leur vision du divin. Le développement de ses qualités éthiques et de notre bonheur individuel par l’altruisme en vue du bien commun et un large panel d’exercices spirituels transformateurs : telle est l’éthique stoïcienne. Qui est représentée par les grands philosophes romains qu’étaient Epictete un esclave qui enseignait la liberté intérieure (voir le « Manuel d’Epictète ) Senèque un milliardaire qui sévertuait à mener une vie simple détachée du confort matériel pour ne pas en devenir l’esclave et trouver sa tranquillité en son âme (voir « Lettres à Lucilius ») et Marc Aurèle, un empereur romain, certainement le meilleur d’entre eux , qui a écrit « Pensées pour moi même  » et qui est décrit par l’historien hypolite taine comme « l’âme la plus noble qui ait vécue « .

Les philosophes stoïciens sont les héritiers d’Héraclite, un sage pré-socratique qui affirmait que tout est changement et sans cesse en mouvement en état de transformation rien n’est permanent et rien n’est stable , des vérités existentielles étonnamment proches des découvertes existentielles du Bouddha historique. On peut retrouver dans les « Pensées pour moi même  » de nombreux paragraphes , fruits d’exercices spirituels de l’empereur, évoquant ce regard sans filtre du réel qui est une description du réel et qui peut amener détachement retour à soi et sérénité intérieure, accord avec soi même et le monde.

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