Lettre à un(e) stoïcien(ne) moderne : Vaut-il mieux posséder beaucoup ou très peu ?

  • Lequel est le plus gros problème : de posséder beaucoup ou très peu ?

-Posséder beaucoup ou très peu, quel est le plus gros problème ?

-L’on pourrait se dire qu’il est préférable de posséder beaucoup de biens extérieurs, pour pouvoir subvenir à nos besoins, d’une part, qui sont de plus en plus importants. Par exemple, si l’on ne possède pas de smartphone aujourd’hui, difficile de faire beaucoup de choses : certaines applications sont nécessaires pour interagir avec d’autres personnes, par exemple dans le cadre professionnel : il faut pouvoir utiliser « whatsapp », ou « zoom », donc posséder impérativement un smartphone. Pour faire des transactions bancaires cela est impératif aussi à l’heure actuelle, ou encore pour utiliser les transports en commun, si ceux-ci n’acceptent plus la monnaie. Il est donc nécessaire, et plus encore de nos jours, de posséder beaucoup pour survivre, c’est-à-dire que le nécessaire pour vivre correctement est de plus en plus élargi à des choses qui n’étaient autrefois pas nécessaires et dont on pouvait se passer, comme nous avons pu le voir avec le cas du smartphone, désormais nécessaire pour vivre correctement.

Cela dit, posséder vraiment beaucoup de biens extérieurs de façon plus générale n’est pas nécessaire pour vivre heureux, au contraire, comme un grand philosophe (Karl Marx) l’a dit : « plus l’on a moins l’on est ». C’est-à-dire que c’est un plus gros problème de posséder beaucoup de biens matériels : on vit alors principalement dans l’avoir plutôt que dans l’être, au détriment de notre être, de l’aspect intérieur, spirituel de notre vie. Alors que posséder peu nous permet finalement de vivre plus dans l’être, d’avoir plus de temps pour se consacrer à soi, plus de temps pour faire un travail intérieur, développer ses vertus, méditer et pratiquer le yoga. Et il est préférable dans une vie de posséder beaucoup de richesses intérieures et peu de richesses extérieures plutôt que de posséder beaucoup de richesses extérieures et de très peu cultiver les qualités intérieures. Déjà de façon générale, pour notre bonheur, mais plus encore si l’on adopte le point de vue bouddhiste : cette incarnation humaine est en effet très précieuse et mieux vaut l’utiliser pour développer notre être, pour enrichir son intériorité plutôt que perdre sa vie et son temps de vie pour du superflu, du temps utilisé à développer l’extérieur au détriment de l’intérieur, de l’esprit. Mieux vaut posséder peu donc, cela est un moins gros problème, si l’on utilise son temps de vie à s’enrichir intérieurement et approfondir la connaissance et la maîtrise de soi, plutôt que de chercher continuellement à contrôler les choses extérieures, les accumuler, et finalement perdre son temps à autre chose qu’à être, et vivre une vie spirituelle, riche de sens, ce qui est bien plus profitable. Car notre vie a un sens, ou du moins nous pouvons lui en donner un, notamment celui de guérir notre esprit de ses émotions négatives vices et « impuretés » afin de cultiver les émotions positives et les vertus et ce afin d’utiliser intelligemment son temps : à construire quelque chose de durable : le bien-être et la sagesse en soi, au détriment de l’accumulation de choses extérieures qui finalement ne nous profiterons pas quand nous serons morts, le bonheur est beaucoup plus dans cette optique de posséder peu et de s’en contenter, de s’enrichir intérieurement, que de posséder beaucoup, trop, et de désirer toujours plus en restant éternellement insatisfait.

-Le plus gros problème est donc de considérer que les véritables richesses de cette vie éphémère sont à chercher dans les biens extérieurs. Et la solution à ce problème est déjà de reconsidérer où sont les véritables richesses et quelles sont-elles, afin de savoir déjà ce qui est à posséder afin d’être heureux. Et n’est-il pas préférable de posséder beaucoup de magnanimité, de vertu, de sagesse, de patience, d’humilité, d’amour, de compassion, plutôt que beaucoup de voitures, de maisons, de vêtements, d’argent, qui ne nous servirons à rien pour notre bonheur au final puisque non seulement nous désirerons toujours plus et serons à jamais insatisfaits, mais en plus sur le plan qui compte, celui de notre esprit, cela nous en divertira, et nous distrairait de l’essentiel, c’est à dire cultiver les qualités de l’esprit ? Ainsi en ce sens, il est préférable de posséder beaucoup : de richesses intérieures. Et posséder peu de biens extérieurs, tout en trouvant le contentement, la liberté et la joie intérieurs.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s