L’Acceptance sereine des choses hors de contrôle

blue sky ocean

-Pour moi, l’exercice psychologique le plus important et bénéfique est l’acceptation/amour du destin. Il est commun à toutes les religions et spiritualités, il est donc l’acte spirituel, la disposition intérieure, le plus universel. Il permet d’être en paix avec son passé, son présent et son avenir, rien que ça !

On peut même s’y exercer quotidiennement, et de manière pointilleuse ! C’est ce que je fais parfois en pratiquant la « pleine conscience stoïcienne » : il s’agit de bien distinguer ce qui est en notre pouvoir de ce qui ne l’est pas. Et, je pense que la plupart de gens, en prenant conscience de cette distinction, se rendront alors compte qu’ils se préoccupent trop de ce qui n’est pas en leur pouvoir et donc négligent ce qui est en leur pouvoir.

On peut par exemple en s’inspirant des enseignements d’Epictète, pour qui la philosophie était une manière de vivre et non un ensemble d’opinions rigoureuses, se représenter l’univers comme déterminé, c’est à dire que les choses ne pouvaient arriver autrement et qu’il est mieux qu’il en soit ainsi (chacun voudrait changer le monde, mais chacun le changerait d’une manière qui déplairait à d’autres, pourquoi personne ne voudrait le rendre exactement tel qu’il est en ce moment-même ?) : Epictète nous invite à voir ce qui se passe dans le cosmos comme une très grande fête où nous avons été invité par le dieu qui en est à l’origine, et comme un scénario de théâtre dans lequel nous sommes des acteurs, et où nous ne choisissons pas nos rôles, mais où nous devons accepter la volonté du réalisateur : il précise que nous pouvons toujours agir sur une minime sphère de liberté : notre voix, bien que nous choisissions pas nos costumes, notre classe sociale, notre physique.

Ce sont des images frappantes, images par lesquelles nous pouvons prendre conscience du déterminisme cosmique en lequel croyaient les stoïciens, croyance qui a pour résultat la sérénité de l’esprit et le détachement lorsque nous sommes trop épris des choses éphémères qui nous entourent.

Il s’agira dans cet exercice psychologique/spirituel/mental/philosophique, de « vouloir les choses telles qu’elles arrivent et non telles qu’on voudrait qu’elles arrivent. » On peut par exemple se remémorer les événements du passé et se dire « c’est comme ça qu’il fallait que ceci se déroule. » en les considérer comme « indifférents » c’est à dire de peu d’importance au vu des dispositions de notre esprit. A force, l’on pourrait se rendre compte que la seule chose qui faisait défaut était le regard que nous portions sur les choses, et non les choses extérieure à nous en elles-mêmes …

Puis, « revenir » au présent, en regardant notre situation extérieure : lieu, relations, situation économico-sociale, habitat, activités, « rôles » (citoyen, père, frère, fils …), corps, émotions, représentations mentales (pensées) jusqu’à nos jugements, qui seuls sont entièrement contrôlables. En prenant du recul sur cette situation, en la « regardant d’en haut », on peut relativiser sur ce qui nous y dérange, ce qui nous obsède, ce qui nous y inquiète, en considérant que toutes ces choses peuvent arriver à n’importe qui, bon ou mauvais, et que donc elles sont indifférentes par rapport à l’essentiel, au véritable bien qui est le bien de l’âme et non une chose extérieure.

Enfin, l’on peut se dire que nous sommes prêts à accepter toute situation future, favorable ou défavorable, avec la même acceptation du destin, ce qui aura d’ailleurs certainement pour effet d’améliorer ce « destin » bien que ce ne soit pas le but recherché, le but recherché étant de mieux accepter ce sur quoi nous n’aurons pas de contrôle à l’avenir, en l’anticipant, mais en considérant que notre disposition intérieure est la chose dont nous devons le plus prendre soin afin de mieux vivre peu importe les circonstances.

Puis, à chaque événement, l’on peut s’exercer à distinguer ce qui est notre pouvoir de ce qui ne l’est pas, en sachant quelle attitude est la meilleure à avoir dans l’un et l’autre cas : énergie, courage, prudence, modération, organisation, volonté, motivation et toute autre qualité qu’on admire chez autrui; dans ce qui est en notre pouvoir. Acceptation, sérénité, indifférence, mépris, absence d’angoisse, d’inquiétude, d’anxiété, de trouble, d’attachement excessif pour ce qui ne relève pas de notre champ d’action.

Cela ne dépend pas de ma volonté ? Alors c’est la volonté de la Nature, je ne peux rien y faire. Pourquoi s’offusquer contre la volonté de Dieu ? Si c’est la volonté de Dieu, qui suis-je, moi, pour m’y opposer ? Plutôt changer l’ordre de mes désirs que l’ordre du monde, disait le philosophe français René Descartes.

Cela dépend de ma volonté ? Alors je dois faire de mon mieux pour bien participer à l’harmonie de l’ensemble, comme une note de musique dans une mélodie, puis je laisse sereinement la place à la prochaine note.

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